Château au Bord de l’Eau

La journée était bien entamée lorsque nous arrivons à proximité du Château au Bord de l’Eau. Levés depuis 3 heures du matin, fatigués par les kilomètres absorbés, sali par les endroits précédemment visités, nous arrivons avec un état de fébrilité au pied de l’édifice. Celui-ci est en très mauvais état, maintenu par un échafaudage, entièrement bâché au niveau de la toiture, on a l’impression qu’il pourrait s’écrouler comme un vulgaire château de cartes au premier coup de vent.

Nous devons être rapide pour s’infiltrer dans l’enceinte car notre arrivée attire les voisins curieux profitant de ce sublime dimanche d’aout. Tout le village est sorti. Un panneau indique que les voisins surveillent les habitations. voisines. Ca n’arrange pas nos affaires. Après un repérage hâtif, la tâche ne va pas être si simple que ça. Un portail de plusieurs mètres infranchissables, un mur d’enceinte plus que costaud, impossible de sortir l’échelle. Nous finissons par trouver un accès assez folklorique qui illustre bien le nom que l’on donnera à ce lieu.

Arrivés à l’intérieur, on se rend compte immédiatement que l’endroit a subi les ravages du temps. Plongé dans l’oubli depuis des années, écroulé complètement dans certaines parties, il va falloir être vigilant, l’endroit n’est pas du tout sécurisé. La lumière est magnifique, un superbe escalier en colimaçon surplombe le château. Dans la pièce principale, un vieux piano est posé à côté d’un billard en délabrement.

Le matériel est sorti, plus un bruit ne se fait entendre à part les claquements des déclencheurs de nos appareils et les lattes de parquet craquants à chaque mouvement. Quand soudain, je suis interpellé par un de mes amis me faisant remarquer qu’une camionnette de gendarmerie était garé devant le portail du château. Nous observons quelques moments, les forces de l’ordre réalisent un contrôle routier devant l’entrée du parc. Impossible de sortir, nous risquerions de se faire attraper. Après une bonne heure, ils partirent et nous en fîmes autant dans la foulée.