Ancienne patinoire ayant autrefois vibré au rythme de matchs enflammés, l’ambiance était nettement moins endiablée lorsque nous y avons mis les pieds. Dès notre arrivée, le bâtiment nous a imposé le silence : près de dix mètres de hauteur, une façade massive, presque solennelle, qui se dressait comme un véritable palais omnisports posé au cœur de la ville. Ce volume impressionnant, mélange de béton brut et d’architecture fonctionnelle typique de son époque, semblait encore porter en lui l’énergie de milliers de spectateurs.
Impossible de croire qu’un lieu aussi massif, autrefois intégré au Palais des Fêtes de Liège, puisse être abandonné. Pourtant, il suffisait de s’approcher pour que la réalité s’impose : fenêtres ternies par la poussière, vitres éclatées laissant filtrer un froid pénétrant, portes entrouvertes grinçant doucement sous la pression du vent. Sans parler de ce silence, lourd, écrasant, presque inhabituel pour un espace conçu pour accueillir le bruit, les rires, les applaudissements. Tout laissait à penser que la vie s’était retirée d’ici depuis longtemps.
L’intérieur nous a encore plus déstabilisés. L’obscurité était totale, à peine brisée par quelques rais de lumière passant entre les planches et les fissures. J’entends encore résonner les premiers mots échangés avec mon partenaire :
— « Attends… il fait chaud, là ? Ils ne vont quand même pas chauffer un bâtiment vide ? »
Et pourtant si.
À peine avions-nous fait quelques pas que l’air tiède nous enveloppait. Le chauffage était bel et bien allumé, comme si quelqu’un venait de quitter les lieux quelques instants avant nous. Et lorsque, par curiosité, nous avons actionné un vieux disjoncteur, une partie de la patinoire s’est soudain illuminée. Une lumière crue, industrielle, révélant un espace prêt à fonctionner. Une scène presque irréelle : l’électricité, la chaleur, tout semblait prêt pour accueillir un nouveau match.
Après un rapide tour des lieux, nous avons commencé à immortaliser ce décor surréaliste. Plus nous avancions, plus l’impression d’un lieu suspendu dans le temps s’intensifiait. La machine à lisser la glace patientait toujours à son emplacement, imposante et immobile. Le bar semblait prêt à servir à nouveau, ses étagères encore en place. Dans un coin, des tenues, des gants et quelques patins reposaient exactement là où on les avait laissés, comme si les joueurs devaient revenir dans la minute.
Les gradins, eux, racontaient encore les cris, les encouragements, les soirs de match. Chaque chaise, chaque panneau, chaque rideau poussiéreux témoignait du passage de milliers de spectateurs. Un véritable morceau d’histoire figé dans le temps, témoignage silencieux de décennies de spectacles, de fêtes, de compétitions et de souvenirs partagés.
Aujourd’hui, cette impression d’abandon profond touche à sa fin. Actuellement en pleine réhabilitation, le bâtiment connaît une seconde vie. Un vaste chantier a été lancé pour restaurer et transformer ce lieu emblématique. Il faut avant tout le sécuriser, moderniser sa structure et lui offrir un avenir à la hauteur de son passé. Peu à peu, les murs retrouvent leur dignité. Les espaces se redessinent, et le bruit des machines de chantier remplace le silence glacé des années d’oubli.
Bientôt, cette patinoire qui semblait figée dans un autre temps retrouvera sa place dans le paysage culturel liégeois, plus comme un vestige, mais comme un lieu à nouveau vivant, prêt à accueillir d’autres histoires.
Alors laissez vous guider, au fil des clichés urbex et partez à la découverte de cette patinoire abandonnée Lost Skate. Découvrez plus de clichés Urbex, en vous abonnant à mes comptes Facebook et Instagram.














